La camarde

 

Sans humour on est rien du tout

Voici donc l’histoire de l’insignifiant Père Peujac celui qui à vaincu l’exécutrice de l’au-delà, celle dont la mort est le ministère.

Le Père Peujac ; avait déjà quitté la société depuis longtemps longtemps. La haut sur la montagne, sur un tas de pierre, il s’était construit un abri. Avec quelques tôles, du fil de fer, quelques planches il avait crée son paradis. Mais il est vrai qu’il y avait un petit ruisseau qui rigolait à deux ou trois mètres de là. Il n’avait pas oublié d’installer une boite à lettres sur un poteau tout de travers. Personne ne l’avait plus revu depuis de nombreuses années et on appelait son territoire « l’éternité ». Cependant parfois une jolie dame venait jusqu’à la boite à lettre et appelait l’occupant de ces lieux en frappant sur la boite à lettres avec un caillou. Il venait discuter avec elle quelques instants mais il ne la laissait jamais entrer dans son refuge. Il n’y avait pas d’entrée dans son refuge.

Donc les jours s’écoulaient et le ruisseau ruisselait. Il rigolait aussi quand la dame venait. Les ruisseaux ne savent pas tout alors ils devraient faire attention à leur comportement.

Le lendemain d’un jour comme les autres il y avait une lettre dans la boite sur le poteau de travers. Père Peujac savait déjà ce dont il s’agissait mais il fit semblant d’être surpris que ce soit un faire part. Diable mais c’est un faire part à mon nom murmura t-il toujours faussement surpris. Il ajouta après quelques instants de réflexion « Bon d’accord je vais nettoyer mon bordel ».

Il commença à ranger à nettoyer avec tant d’application que tout fut rangé quand la camarde arriva.

Elle était très grande, une cape noire entrouverte sur son squelette. Une capuche dissimulait son visage, si elle en avait un. Elle avançait à grands pas, majestueuse, sure d’elle, avec une prestance de princesse. Pensez une déléguée de l’au de là. Ce n’est pas rien de gérer le grand ministère de la mort. Elle portait toujours sa faux avec son grand manche noir lui aussi. Pour l’exécution de l’œuvre il suffisait parfois d’un regard, d’un mouvement de main alors la faux servait seulement d’ornement.

 

Sans préambule elle annonça :

« C’est moi, je viens te chercher humain, mais surtout ne crie pas. J’ai beaucoup de travail, et ce n’est jamais drôle, alors je t’en prie finissons en vite ».

Père Peujac, le malin, avait tout prévu, il enleva nonchalamment un peu de poussière sur la boite à lettres puis proposa : « D’accord mais à une condition, on prend un café calva tous les deux, comme des amoureux ».

Surprise d’un tel toupet la camarde en acquiesça ce qui est extraordinaire. Ils entrèrent tout les deux dans la cabane et une heure après voici ce que l’on vit :

La camarde sort la première en titubant, Père Peujac apparaît sur le seuil

« Alors p’tit con on oublie sa faux. Si tu reviens un jour, et tu reviendras, nous penserons ensemble à l’exécution d’un coït, ce ne sera pas un coït banal et l’on pourrait alors espérer ta déchéance »

Tout ceci n’est bien entendu qu’une façon de domestiquer un peu de l’inacceptable.

 

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